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Préambule






1. Les besoins de la population


Les besoins de la population peuvent être analysés sur une pathologie : la maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) et sur une thérapeutique : le traitement anticoagulant oral par anti-vitamine K.

Maladie thromboembolique veineuse 
 
La MTEV représente la 3ème cause de mortalité dans les pays développés, après les maladies cérébro-cardio-vasculaires et les cancers, survenant sous forme de mort subite par embolie pulmonaire. La MTEV constitue la 3ème cause de maladies cardio-vasculaires après la maladie coronaire et les accidents vasculaires cérébraux.
Par conséquent la MTEV s'inscrit dans le Programme Régional de Santé "maladies cardio-vasculaires".

L'incidence annuelle dans la population générale est de 1 pour 1000 dans les pays développés. L'incidence augmente de façon exponentielle avec l'âge pour atteindre 1 %/an chez le sujet âgé. La MTEV est une maladie récidivante avec un risque de récidive de 17% à 2 ans, 25% à 5 ans et 30% à 8 ans. Outre le risque d'embolie pulmonaire mortelle chez 1 à 2% des patients, les complications de la MTEV (récidive, syndrome post-thrombotique, insuffisance veineuse sévère) représentent un poids médico-économique considérable et génèrent un handicap chronique chez 20% des patients.

Traitement anticoagulant oral par anti-vitamine K
La population sous AVK en France correspond à 1% de la population générale. Cette population est exposée à une incidence d'hémorragies graves de 3 à 5 %/an et de décès de 0,6 %/an. Les hospitalisations liées à une hémorragie grave sous AVK sont estimées à 17300/an en France. Face à ce péril furent créées les cliniques d'anticoagulation dont l'efficacité est démontrée, y compris en terme médico-économique, avec une réduction des hémorragies graves de 60 % et une réduction des récidives thrombo-emboliques de 70% par rapport à un suivi conventionnel.
 

2. Les attentes des professionnels


MTEV et médecins vasculaires
Le fonctionnement en réseau de santé suppose les conditions suivantes :
- une adhésion individuelle de chaque médecin vasculaire,
- l'engagement d'adresser les patients à l'établissement de santé le plus adapté, d'appliquer les protocoles définis en commun, d'accepter les enquêtes de pratique et l'évaluation du réseau assurée par l'ANAES
- la participation active aux activités de recherche et d'épidémiologie développées au sein du réseau,
- la mise en place d'une formation de qualité au sein du réseau pour les médecins vasculaires qu'ils pourront répercuter auprès des autres professionnels de santé collaborant avec lui,
- une éducation thérapeutique des patients assurée par le réseau.
- l'engagement du réseau et de chaque professionnel adhérent de faire bénéficier aux patients des meilleures informations et des meilleurs soins actualisés
 
MTEV et établissements de santé
La MTEV constitue la 1ère cause de réhospitalisation après chirurgie lourde au même titre que les infections nosocomiales. La MTEV réalise la 2ème cause de décès maternel après les hémorragies de la délivrance. Les hôpitaux commencent à considérer la MTEV comme un fléau au même titre que les infections nosocomiales avec la nécessité de mettre en place des Comités de LUtte contre les Thromboses (CLUT) avec des fonctions similaires aux CLIN dans un but d'éradication.

3. Les remarques sur le système existant


Le système actuel ne répond pas aux attentes de la population de la Picardie et de la Côte d'Opale :
- Il n'existe que 2 centres de diagnostic des thromboses, fonctionnant en consultation externe, sans hôpital de jour structuré, implantés à Amiens et à Compiègne.
- La saturation des 2 centres aboutit à la réalisation de bilans de thrombose incomplets, parasités par l'épisode aigu thrombotique, sans dépistage familial d'où une répétition inutile des explorations.
- La plupart des patients n'ont pas matériellement accès à ce dépistage alors qu'il suffirait de faire voyager les prélèvements au lieu des patients.
- L'hôpital public ne pouvant pas facturer les actes non inscrits dans la nomenclature des actes biologiques, l'activité en consultation externe aboutit à une perte sèche en actes de biologie non facturables.
- Par conséquent l'existant est inadapté aux besoins actuels.

4. L’historique


Des conférences régionales de consensus concernant la MTEV ont été organisées en 1992, 1993 et 1995 en présence des représentants de 15 hôpitaux de Picardie et du Pas-de-Calais avec pour thèmes : la stratégie diagnostique, la stratégie thérapeutique et la stratégie étiologique. Au décours, deux centres de diagnostic de thromboses ont été mis officiellement en place, respectivement à Amiens et Compiègne, par un vote de consensus régional en 1995.


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